Le télé travail une pratique verte de l’économie à n’en pas douter. Moins de temps passé dans les bouchons, les trains, les avions. Une limitation des m2 de bureaux devenus inutiles et donc des loyers, des charges de chauffage et d’électricité en moins. C’est incontestable.

Une réponse économique indispensable à la survie du système. Une lapalissade.

Une réponse adaptée à la crise sanitaire limitant les rencontres sur le lieu de travail tout en préservant le lien entre services dans les entreprises et avec les clients ou usagers. Une évidence.

Le télétravail s’adapte volontiers à des échanges rationnels, de suivis, de contrôles des tâches attendues. Une certitude.

Une réponse à une demande générationnelle de souplesse dans les horaires comme une forme de bien-être au travail. De fait une opportunité pour franchir le pas parmi les réfractaires.

Le télé travail s’installe …. durablement… bonne question !!

Si le télé travail a des vertus écologiques, il est dans le même temps destructeur de milliers d’emplois avec une baisse vertigineuse du tourisme d’affaire sans oublier les augmentations de bande passantes et les datas en expansion.

S’il permet de garder le lien, c’est au détriment de la qualité de la relation qui suppose une proximité physique et pas seulement médiatisée. Chacun sait les efforts d’attention réclamés (vision, écoute, compréhension) et la fatigue générée quand les visios se suivent sur la journée. 

Les nuits de sommeil ne suffisent pas à se régénérer par manque d’utilisation de notre cerveau limbique siège de nos émotions et la fatigue s’accumule dans un cycle qui n’a rien de vertueux.

Le rassemblement autour de la machine à café, les potins du moment, les clins d’œil complices, les chouquettes à partager sont des moments improductifs mais tellement nécessaires à la sociabilité de chacun (sentiment d’appartenance).

Il favorise le retour d’une forme de management en étoile qui vient polluer, limiter les pratiques (les promesses) d’un management plus participatif, voire collaboratif associé à des espaces ludiques et conviviaux qui sonnent creux faute de participants.

Il suppose une organisation de son lieu de travail dans la sphère privée. Une réelle difficulté pour toutes celles et ceux dont l’habitat ne permet pas un isolement propice à une concentration durable sur son travail.

Rester à la maison suppose une organisation compatible avec celle des enfants en bas âge ou des adolescents avec leur emploi du temps gruyère propices à des allers et venues aléatoires ou un(e)conjoint(e) en 3X8 qui dort le jour.

Par ailleurs cela suppose une capacité à décrocher qui n’est pas une évidence et pour beaucoup les semaines s’allongent bien au-delà des 35H.

Moins de temps dans les transports n’offre pas toujours plus de temps pour soi.

D’où l’investissement des lieux de co-working qui remplissent un besoin de séparation des genres (travail/domicile) et une opportunité de sociabilisation à proximité de chez soi.

« Personne ne viendra plus au bureau pour travailler seul, écrire un slide ou passer des coups de fils ». (Dossier du « Monde » du 13 Septembre). Le présentiel va supposer d’être un lieu de production de plus-value : évidemment de créativité mais pas seulement. Si la qualité d’une réunion est proportionnelle à son temps de préparation, les réunions en présentiel vont réclamer une écoute plus émotionnelle des manques individuels d’une part et une animation plus performante sur des sujets plus transverses d’autre part. Et bien dans cet ordre. 

L’efficacité est dans la visio, l’efficience dans les réunions collectives.

Il y a là comme une inversion des espaces. Si l’espace privé devient un lieu de travail mobilisé sur la tâche et la tenue des objectifs dans une dimension d’abord rationnelle où les échanges en visio limitent le partage d‘émotions, l’entreprise devient de fait un espace potentiel de « compensation ».

C’est ce vide, qu’il nous faut combler non par un trop plein de bienveillance ou de papouilles, mais bien par un management aux grandes oreilles capable d’entendre avec acuité, dans des temps devenus plus courts, les non-dits du non verbal.

Un management qui se doit d’intégrer au plus vite les lectures générationnelles du télé travail tout en fédérant les équipes autour d’un projet global dont il importe, de mieux préciser et formaliser la contribution spécifique de chacun des acteurs concernés en intégrant ses leviers de motivation.

Sans oublier une valorisation collective des réussites dans une dimension festive et ludique. Pour rappel il y 6 questions existentielles à rassurer.

Et avec les vertus pédagogiques de la répétition redonner du sens à l’action, rappeler le « pourquoi », quand le « comment » se déshumanise.

Ce qui suppose un degré de responsabilisation individuelle plus élevée, doublée d’une connaissance des enjeux en amont et en aval de sa propre production.

Les leviers du bien-être au travail vont se réactualiser. Une ardente obligation Voire impérieuse au cœur de nos interventions dans les semaines à venir. A suivre !!

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