Bientôt les masques vont tomber laissant apparaitre des sourires à pleines dents, des rires qui hurlent au vent, des respirations profondes et puissantes, le renouveau des jours meilleurs, fêté comme une nouvelle aventure collective. Les retrouvailles du lien social.

Parole étouffée, parole bâillonnée, parole martyrisée, mais parole libérée !

Enfermée derrière ce bout de tissu, les yeux ont fait le travail pour communiquer les émotions mais il y manquait le rictus, la moue, la crispation, l’envie, la nuance du bout des lèvres qui préfigure un oui ou un non. Comme une fin de non-recevoir ou la promesse d’une promesse.

Bientôt les masques vont tomber !

Derrière les masques, l’incompréhension de toutes celles et ceux rangés dans la catégorie non essentielle et qui se vivent comme exclus du système que par ailleurs ils rejettent. Les visages creusés de sortie d’hôpital après plusieurs semaines de comas en réa, les visages meurtris des invisibles frappés de plein fouet aux porte-monnaie, les visages épuisés d’un personnel de santé lessivé, dépité par l’irresponsabilité de certains, les visages de doutes des étudiants sans repère, les aigreurs des familles aux morts mal accompagnés, la colère des nouveaux chômeurs avec une plus faible prise en charge comme une double peine qui s’annonce. Violence symbolique, violence dans les chairs. Dégâts individuels et sociétaux.

Il ne s’agit pas ici de ne pas se réjouir des cinémas qui se remplissent, des théâtres qui jouent, des stades qui vibrent, des restaurateurs qui cuisinent à nouveau et de l’annonce prochaine d’un monde sans masque.

Tant de certitudes remises en cause, tant de bouleversements dans les familles (les violences faites aux femmes qui explosent, les divorces qui font enfler les statistiques) tant de yoyos émotionnels entre espoir et résignation, tant de projets mis à mal, que s’imaginer que rien à changer que tout va redevenir comme avant serait une grave erreur le retour à la normale est en fait un retour de l’anormal.

Bientôt les masques vont tomber !

Être dirigeant ou manager ne change rien à l’affaire. Un statut n’est pas un « pass anticovid » pas davantage que de vouloir poser des barbelés face à ses émotions pour se sentir à l’abris.

Vouloir croire à une étanchéité entre vie professionnelle ou privée relève de l’illusion. Il s’agit en fait d’une sur-adaptation à un champ ou l’autre comme source de socialisation.

Dit autrement, face à cette sortie de crise les dirigeants ou managers ne sont pas épargnés et leur déstabilisation réelle.

L’entreprise n’est pas un espace hors sol. L’entreprise est un lieu de tensions qui réunit des salariés, dit autrement, des femmes, des hommes qui sont à la fois des conjoints, des parents, des enfants, venant d’horizons culturels, religieux, économiques avec des aspirations générationnelles différentes, supposés collaborer harmonieusement sous une même entité.

C’est en ce sens que l’entreprise a besoin de poser un cadre qui définisse les limites instrumentales et comportementales qui s’imposent à l’ensemble des acteurs de l’organisation idéalement mobilisés vers une même intentionnalité.

L’entreprise n’est de fait pas un lieu de thérapie collective ou individuelle.

La gestion des exceptions est un interdit passé et durable. Mais pas éternel…

Cependant les réponses standardisées face à des attentes plurielles voire individualisées (notamment en matière de télétravail) vont s’amplifier avec des logiques générationnelles très éloignées. C’est dans ce cadre revisité par les effets de la pandémie que les dirigeants, managers, DRH, vont être en première ligne. Après avoir panser le passé il va falloir penser le futur. Un futur en commun. Avec des nouvelles règles du jeu.

Autrement dit, affirmer, incarner un projet suffisamment attractif sur le fond pour accepter des formes de contributions spécifiques sous des formes très différentes.

Intégrer plus puissamment dans les logiciels des décideurs deux axiomes incontournables.

Les changements ne se décrètent pas, et sans bénéfice à changer pas d’acceptation du changement, voire des résistances à prévoir proportionnelles au sentiment d’abandon réclamé.

Bientôt les masques vont tomber !

C’est la qualité d’écoute qui va faire la différence qui fait la différence.

Écouter le non-dit derrière le dit, écouter les manques sans projection, écouter sans juger écouter avant de fournir la réponse.

Une réponse rationnelle n’est pas adaptée à une demande émotionnelle.

C’est le moment de réactiver les besoins liés aux questions existentielles, d’intégrer les modes de lecture du rapport à l’entreprise des générations XYZ, d’écouter les peurs et les enthousiasmes qui les accompagnent.

L’avenir est à la cartographie !On va plus vite seul, on va plus loin ensemble.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.